Contexte Environnemental des Industries Extractives au Niger

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Présentation

Le Niger est fréquemment confronté à des problèmes environnementaux en raison d'un déficit pluviométrique et d’une désertification progressive. Ce contexte créé souvent une baisse importante des réserves alimentaires au Niger.[1] Les crises environnementales du pays se déroulent dans le contexte économique d'une industrie pétrolière et gazière et d’une industrie minière en pleine croissance,[2] et dans un contexte social de sous-développement et de forte croissance démographique.[3]

Désertification et Sécheresses

Les trois quarts du Niger sont recouverts par le désert, qui (selon le Ministère de l'Environnement) progresse de six kilomètres chaque année vers le sud du pays.[4] En janvier 2012, le ‘Guardian’ a déclaré que pour la troisième fois depuis 2005, la région du Sahel en Afrique de l'Ouest se retrouvait confrontée à une combinaison de sécheresse, de mauvaises récoltes et d’une flambée des prix alimentaires. Cela a entraîné une situation grave d’insécurité alimentaire au Niger, où 6 millions de personnes, soit presque 40% de la population, risquent la famine.[5]

Une ONG appelée «AREVA ne fera pas la loi au Niger» fait valoir que l'extraction d'uranium provoque des pénuries d'eau au Niger en épuisant deux grandes réserves d’eau souterraines fossiles situées dans la région d'Agadès.[6] En mars 2012, ‘South World’ a indiqué que l'entreprise chinoise China Nuclear International Uranium Corporation (CNIUC, aussi appelé SinoU) pompe environ 4 000 mètres cubes d'eau par jour sur le site de leur mine d’Azelik, accélérant ainsi l'épuisement des réserves d'eau fossiles. ‘South World’ s'attend à ce que la situation se détériore davantage lorsque l’exploitation d’Imouraren entrera en service en 2014, puisque sa consommation quotidienne d’eau sera d’environ 20 000 mètres cubes.[7]

AREVA, société française gérant certaines des plus grandes exploitations minières au Niger, affirme suivre une politique de réduction de la consommation d'eau sur ses sites miniers au Niger. La consommation d'eau annuelle d’AREVA au Niger a été réduite d'environ 35% ces 15 dernières années, et a baissé en 2010 pour atteindre environ huit millions de mètres cubes. La société déclare que 65% de la consommation d'eau est utilisée pour alimenter les besoins quotidiens des communautés urbaines d'Arlit et d'Akokan.[8] 99% des 2 500 employés d'AREVA au Niger sont des Nigériens [9], cette consommation d'eau n’est donc pas limitée à l’exploitation minière et est distribuée aux communautés locales.[10]

Niveaux de Radioactivité

La dangerosité des niveaux de radiation provenant des mines d'uranium a fait l’objet d’un large débat. En mai 2010, Greenpeace a publié une enquête [11]- en collaboration avec un laboratoire indépendant français le CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) et le réseau d'ONG nigérien ROTAB (Réseau des Organisations Pour la Transparence et l'Analyse Budgétaire) - qui a analysé trois catégories de mesures de radiation: la présence de matières radioactives dans l'environnement, la contamination de l'air par les gaz radioactifs (radon 222), et la contamination des eaux souterraines qui alimentent la population locale.

L'étude a démontré que dans le cadre de leurs activités, les sociétés minières laissent derrière eux une matière radioactive solide (sous forme de boue ou de terre) qui expose la population aux radiations. Des prélèvements de sol ont également révélé la présence d'uranium et d’autres matières radioactives. Un prélèvement de sol effectué à proximité d'une mine d'uranium exploitée par AREVA comportait des niveaux environ 100 fois supérieurs à ceux habituellement présents dans la région, supérieurs au seuil maximal international autorisé. L'étude a souligné que le taux de mortalité due à des infections respiratoires aiguës était de 16,19% à Arlit - presque deux fois la moyenne nationale de 8,54%. Le rapport indique que, même si les problèmes respiratoires sont souvent plus fréquents dans les régions désertiques, ce taux de mortalité pourrait révéler une tendance exacerbée par une autre cause. Dans quatre des cinq échantillons d'eau prélevés dans la région d'Arlit, l'étude a montré une concentration d'uranium supérieure à la limite préconisée par l'Organisation Mondiale de la Santé pour l'eau potable. Certains des prélèvements d'eau contenaient du gaz radioactif dissous. Les données historiques indiquent une augmentation graduelle de la concentration d'uranium pendant les années 1990 et 2000. Selon Greenpeace cela démontre que l'exploitation minière est à l'origine d’une telle contamination.[11]

AREVA a répondu aux allégations de Greenpeace[12] en déclarant que toutes leurs activités minières au Niger sont effectuées dans le strict respect des normes internationales en matière de santé, de sécurité et de protection de l’environnement.[13] AREVA affirme que cette mise en conformité a déjà été confirmée par de nombreuses études indépendantes.[13]

Références

  1. "Food Distribution Begins in Drought-Inflicted Niger" The Christian Reformed World Relief Committee, consulté le 24 avril 2012.
  2. "Niger: 2011 Article IV Consultation" International Monetary Fund, consulté le 18 avril 2012.
  3. "Communities contending with crisis in Niger" The Guardian, consulté le 24 avril 2012.
  4. "Projects Aplenty to Halt the Desert" IPS News, consulté le 24 avril 2012.
  5. "Famine isn't an extreme event, it's the predictable result of a broken system" The Guardian, consulté le 24 avril 2012.
  6. "Une région pillée, un peuple sacrifié!" AREVA ne fera pas la loi au Niger, consulté le 24 avril 2012.
  7. "Niger - The curse of uranium" South World, consulté le 24 avril 2012.
  8. "AREVA and the Global Compact" AREVA, consulté le 24 avril 2012.
  9. "PRIORITY TO LOCAL EMPLOYMENT AND THE TRANSFER OF SKILLS" AREVA, consulté le 2 mai 2012.
  10. "Commitment to Responsible Development" AREVA, consulté le 2 mai 2012.
  11. 11,0 et 11,1 "Left in the Dust" Greenpeace, consulté le 24 avril 2012.
  12. "AREVA and Niger: a Sustainable Partnership" AREVA, consulté le 24 avril 2012.
  13. 13,0 et 13,1 "AREVA Deplores Lack of Transparency on Part of Greenpeace" AREVA, consulté le 24 avril 2012.