L’investissement chinois en Afrique

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Présentation

Depuis le début du siècle, la Chine et l'Afrique ont rapidement développé leurs relations politiques et économiques. Ces dernières années la Chine s’est employée à garantir ses approvisionnements en énergie afin de pouvoir alimenter sa croissance économique, en se tournant vers le continent africain. Dans le cadre de cette stratégie, la Chine utilise l'investissement pour aider de nombreux pays africains à développer leur secteur pétrolier naissant, tout en bénéficiant d'importations de pétrole grâce à des accords commerciaux avantageux.[1]

En 2011, l'Afrique a fourni 35% du pétrole consommé par la Chine et le commerce bilatéral sino-africain a augmenté de 39% sur l’année 2010.[2] Le Heritage Foundation estime qu'entre 2005 et 2010 environ 14% des investissements chinois à l'étranger ont été réalisés en Afrique sub-saharienne.[3]

Selon le commentateur politique Patrick Corcoran, la stratégie d'investissement de la Chine est simple: la Chine construit des infrastructures en échange de pétrole. Le Directeur du réseau sino-africain a également noté que les Chinois sont les principaux constructeurs d'infrastructures sur le continent africain, toutefois, l'investissement chinois en Afrique a rencontré une certaine résistance sur le plan national.[4]

La stratégie de la Chine est d’exploiter des ressources sur des sites que les sociétés occidentales jugent trop risqués politiquement, et d’investir massivement dans les mines africaines, l'exploration pétrolière et l'infrastructure auxiliaire comme les pipelines, les routes, les chemins de fer, les centrales électriques et le réseau de transport d’énergie. Le cas du Soudan est un bon exemple de cette stratégie, la CNPC chinoise a développé ses activités dans le pays, alors que ses homologues occidentaux se sont retirés en raison de la guerre civile qui y faisait rage.[5]

Prêts pour le développement garantis par les ressources

Depuis 2004, la Chine a conclu plusieurs accords de prêts pour le développement garantis par les ressources avec plusieurs pays africains riches en ressources, totalisant près de 14 milliards de dollars. La reconstruction en Angola a été réalisée grâce à trois prêts accordés par Pékin et garantis par le pétrole, accompagnés de l’engagement pris par la Chine à construire des routes, des voies ferrées, des hôpitaux, des écoles et des réseaux d’alimentation en eau. Le Nigeria a contracté deux emprunts similaires pour financer des projets concernant le gaz et l'électricité. Par ailleurs, en 2010 les travailleurs chinois ont réalisé un projet hydroélectrique au Ghana, payé en cacao.[6]

En Angola, des prêts chinois de 2 milliards de dollars et de 2,4 milliards de dollars accordés par l'Eximbank (la Banque Export-Import de Chine), ont été attribués à des investissements d'infrastructure, tels que la construction de routes, la réhabilitation des chemins de fer ou la construction d'écoles et d’habitations.[7] EximBank n'est pas l’unique banque étatique chinoise qui soutient le commerce et l'investissement en Afrique. Toutefois, son rôle en Afrique est en pleine expansion. En mai 2007, la banque s'est engagée à fournir environ 20 milliards de dollars de prêts destinés à l'Afrique durant les trois prochaines années. A titre de comparaison, seulement 4,8 milliards de dollars de projets avaient été approuvés par la Banque Mondiale pour l'Afrique en 2006.[5]


En 2011, un rapport de l'Economic Intelligence Unit (EIU) a affirmé que la décision du Ghana de permettre l'utilisation de 70% de ses recettes pétrolières futures comme garantie pour les coûts d'emprunt, suscite l’inquiétude. Le rapport souligne qu’une mauvaise gestion du prêt chinois de 3 milliards de dollars pour les infrastructures pourrait entrainer un niveau d'endettement accru et augmenter les risques de corruption.[8]

Les critiques

Depuis le renforcement de son engagement avec les pays africains, la Chine a fait l’objet de critiques croissantes de la part de la communauté internationale concernant ses pratiques commerciales réputées abusives et son refus de promouvoir la bonne gouvernance et les droits de l'homme lors de ses opérations.[9]

Selon l'Economist, les Africains déplorent la façon avec laquelle les Chinois détruisent leurs parcs nationaux lors de l'exploration des ressources, leur mépris à l’égard des règles de sécurité et de santé, et soutiennent que certains responsables ont tiré sur des travailleurs. Les rapports précisent que les routes et les hôpitaux construits par les Chinois présentent souvent des malfaçons, en partie en raison des pots de vin impliqués dans le processus d’attribution des marchés, et que la présence chinoise handicape l'Afrique dans sa lutte contre la corruption.[2]

Références

  1. "Expanding China-Africa Oil Ties" Council on Foreign Relations, le 8 février 2012.
  2. 2,0 et 2,1 "Rumble in the jungle" Economist, le 20 avril 2011.
  3. "The Chinese are coming...to Africa" Economist, le 22 avril 2011.
  4. "Africa's Oil, China's Investment" Policy Mic, le 22 avril 2011.
  5. 5,0 et 5,1 "China’s Environmental Footprint in Africa" SAIS, 2008.
  6. "Africa’s Eastern Promise" Foreign Affairs, 2008.
  7. "Is Chinese Investment Good for Africa?" Council on Foreign Relations, le 20 février 2007.
  8. "Ghana cautioned on Chinese $3-billion loan arrangement" The Africa Report, le 13 février 2012.
  9. "Expanding China-Africa Oil Ties" Council on Foreign Relations, le 8 février 2012.